402                       Les Spectacles de la Foire.
S ORIN, acteur forain, débuta en 1707 au jeu de Nivellon et y joua les meççetins, les travestis, les sultans et les pères. Il y fit connaissance de Richard Baxter, acteur de la même troupe, et le suivit, de 1713 à 1716, chez la dame Baron, à qui il servit de prête-nom en 1713, époque où elle se trouvait sous le coup de poursuites de nombreux créanciers. En 1718, il alla donner des représentations en province avec Baxter et revint avec lui à Paris • en 1721, époque où il entra comme lui dans l'association faite pour l'exploitation d'un Opéra-Comique à la foire Saint-Laurent, par Pierre Alard, Lalauze, M1Ie d'Aigremont, Maillard et sa femme. Cette entreprise ne réussit pas et Sorin se retira chez ses parents. Il est mort vers 1730.
(Memoires sur les Spectacles de la Foire, I, 120.) I
L'an 1714, le io- jour de feptembre, environ les cinq heures de relevée, en l'hôtel de nous François Dubois, etc., eft venu lieur Étienne Milache fleur de Moligni, comédien ordinaire du Roi, tant pour lui que pour les autres comédiens du Roi, defquels il nous a dit avoir charge et pouvoir : Lequel nous a fait plainte et dit que, au préjudice de plufieurs fentences de police, arrêts du Confeil et arrêts et règlemens du Parlement qui font défenfe aux danfeurs de corde de jouer ou faire jouer et repréfenter fur des théâtres pu­blics aucune pièce ni comédie par dialogues, colloques, monologues ni au­trement de quelque manière que ce puiffe être, fous les peines y portées, même'de démolition des théâtres ; néanmoins les fieurs Sorin, Baxter, leurs affociés et autres chefs de troupes de danfeurs de corde, au mépris defdits arrêts, ne lailTent pas de faire jouer et repréfenter publiquement et journelle­ment des pièces de théâtre et comédies fuivies et par fcènes et actes fur des théâtres publics qu'ils ont fait élever à cet effet ès environs de la foire St-Lau­rent, dans lefquelles pièces les acteurs et actrices fe parlent et fe répondent les uns aux autres en profe félon le fujet de Ia pièce comique qu'ils repré-fentent et jouent ; ce qui forme des comédies complètes et eft directement contraire auxdits arrêts. Pourquoi il nous requiert de préfentement nous tranfporter dans la loge et falle defdits Sorin et Baxter à ladite foire St-Lau­rent où fe font et fe jouent lefdites comédies, à l'effet d'en dreffer procès-verbal et lui en donner acte defdites contraventions auxdits arrêts et règlemens qui font un préjudice notable auxdits comédiens du Roi et font contraires au